L’église est dédiée à Saint Germain.
Saint Germain
Evêque d’Auxerre (Auxerre ~ 378 – Ravenne 448). Il est d’abord officier impérial puis est élu, quoique marié, évêque d’Auxerre en 418. Sur l’ordre de Célestin Ier il va en Grande-Bretagne avec Saint Loup de Troyes en 429 et y retourne en 445 avec Saint Sévère de Trèves pour y combattre les pélagiens. A son premier passage à Paris, il consacre à Dieu Sainte Geneviève.
L’église fut de tout temps rattachée au diocèse de Lisieux, à l’archidiaconé de Pont Audemer et au doyenné de Honfleur avant d’être fermée à la Révolution. Située à cinq kilomètres de Honfleur, elle s’élève sur le sommet d’une colline verdoyante qui regarde la mer, comme le note Arthème PANNIER dans un article paru dans le Journal de Honfleur du 25 novembre 1860, et il ajoute : « Un rideau d’arbres verts à travers lequel on aperçoit le clocher, masque la façade occidentale, tapissée de feuilles de lierre et ornées de rose du Bengale ».
Jean François LEMARIGNIER, archiviste-paléographe écrit dans un ouvrage intitulé «Etude sur les privilèges d’exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes des origines à 1140 » : « En 1035, le Duc Robert déclare l’église de Vasouy, délivrée, affranchie et absolument libre de toute coutume épiscopale, et ceci n’est certes pas fait par un abus de son pouvoir, mais établi et confirmé par l’octroi, la volonté et la concession du seigneur Robert, archevêque de Rouen. » Elle dépendait auparavant de l’abbaye de Montivilliers.
Une requête écrite entre 1159 et 1181 par Arnoul, évêque de Lisieux, au Pape Alexandre III cite un différent entre l’abbaye de Montivilliers et l’église de Vasouy : « Au Seigneur Pape, l’évêque de Lisieux – Certaine abbesse de Montivilliers a usurpé une église de notre diocèse sous prétexte que son monastère a coutume de percevoir certaine dîme dans la paroisse ; elle a furtivement introduit dans notre diocèse une juridiction étrangère, et sans privilège de son monastère, s’efforce de s’attribuer sur la dite église les droits épiscopaux. En effet les curés de ladite église, de toute antiquité instituée par nos prédécesseurs, témoignant à notre siège épiscopal toute obéissance et tout respect, ont payé sans contestation aux évêques et aux archidiacres de Lisieux les droits épiscopaux et les cens synodaux et ont honoré l’église de Lisieux comme leur mère du respect qu’ils lui devaient. Le dernier ordonné prêtre par ladite église m’a obéi à moi et à mes archidiacres dévotement et humblement pendant de nombreuses années, ne refusant rien de ce que les curés voisins avaient coutume de faire jusqu'à ce que, publiquement accusé de concubinage dans notre tribunal, il a tenté, par crainte d’un procès, de se soustraire à notre juridiction par de perfides moyens de mensonges inouïs. Frappé d’excommunication, il n’en pas moins célébrer les saints mystères, et soustrait autant qu’il est en lui, son église, qui fait partie de notre diocèse, à notre autorité. Nous vous supplions de renvoyer le procès concernant cette église, dite de WASEVIC, soulevé entre ladite abbesse et ledit curé, à quelque évêque de nos régions animé du zèle de Dieu et doué d’un jugement sûr pour en connaître sans appel. Nous redoutons Monseigneur l’Archevêque de Rouen, qui bien que favorable sous d’autres rapports, nous est suspect dans cette affaire et très porté en faveur de notre adversaire, parce que ce monastère a des droits particuliers à sa sollicitude. »
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Un porche précède le portail occidental, percé d’une porte à plein-cintre, ornée de moulures, qui date du XVIeme siècle. Les vantaux de cette porte sont formés de panneaux flamboyants et de panneaux plissés dans le style de la renaissance.
La construction de la nef date du XIIeme siècle. Elle est éclairée par deux fenêtres à plein-cintre, très ébrasées à l’intérieur. Les murs construits en grossier blocage, présentent l’appareil roman en feuilles de fougères ou en arrête de poisson. Le mur septentrional n’est soutenu par aucun contrefort. Le mur méridional fut reconstruit en partie en 1524 comme l’atteste une inscription gothique gravée sur l’extérieur de ce mur « L’an mil cinq cent vingt et quatre Guillaume LE CERF trésorier fist ceste porte cy abatre et la mit au boust du mostier, ausy fit en ce propre lieu ce mur pour l’honeur de Dieu. ». Il est percé de deux fenêtres ogivales, flamboyantes, partagées en deux baies par un meneau prismatique.
En 1783, il est demandé de réparer les pavés du sanctuaire. En 1860, Arthème PANNIER note « L’intérieur de l’église offre plusieurs dalles funéraires, autrefois couvertes d’inscriptions gothiques que le temps a presque entièrement effacées ».
Note sur les onze sépultures de la Chapelle de Vasouy
Par Pierre PENIN de la RAUDIERE
Ayant l’intention de me faire enterrer, ainsi que mon épouse, dans la chapelle de Vasouy, j’ai demandé à la mairie un permis d’exhumation et d’inhumation pour les sépultures qui s’y trouvent.
Le 8 novembre 1957, à 14h30, en présence du garde-champêtre représentant la mairie, j’ai fait procéder à l’ouverture des quatre fosses qui s’y trouvent par monsieur FISSOT, entrepreneur et tailleur de pierres à Honfleur.
Ces fosses sont au nombre de quatre et sont orientées dans le sens de l’église dans le chœur. Elles sont constituées de la façon suivante : - une première couche de dalles, de dimensions moyennes, qu’on lève par des tirants de métal ; - immédiatement en dessous de grandes dalles de 2m10 de longueur, les deux de gauche ayant 80 cm de large, la suivante 76 cm, et celle de droite 72 cm ; - en dessous des dalles percées des deux orifices pour que l’on puise les soulever, se trouvent des cavités de protection sanitaire de 82 cm de profondeur pour les trois fosses de gauche, et de 60 cm pour celle de droite.
Ces deux premières épaisseurs de dalles ayant été soulevées, l’on s’est aperçu que les briques séparatives des quatre fosses et le revêtement intérieur étaient en extrêmement bon état et paraissaient même très neuves. Monsieur FISSOT prétendait que le cimentage n’avait dû avoir lieu que depuis une dizaine d’années. Propriétaire de Vasouy depuis plus de 38 ans, je suis bien sûr qu’aucun travail n’a pu être accompli sur ce caveau.
Il est exclu que les Allemands, même pendant la période d’évacuation totale de la population civile vers 1943, aient à proprement parler violé les tombes. Ils avaient simplement soulevé les deux premières épaisseurs de dalles, pour la troisième tombe en partant de la gauche. Elles étaient restées soulevées, et c’est le gardien BENARD qui les avait replacées. J’avais moi-même fait refaire les dalles supérieures, dont trois ou quatre étaient brisées ; ils n’auraient certainement pas pris la peine de recimenter aussi soigneusement le dessus des tombes.
Au moment de procéder à l’enlèvement des dalles funéraires proprement dites, il a paru plus simple de pratiquer de légers orifices, à peu près de la dimension des deux trous se trouvant dans la seconde épaisseur des dalles. En déplaçant une petite lampe électrique, on s’est aperçu que les cercueils paraissaient en extrêmement bon état. C’étaient, paraît-il, des cercueils « à rosace », modèle qui serait récent.
La tombe de droite, qui n’avait que 60 cm de profondeur d’espace vide sanitaire, était voûtée en briques. Sur le cercueil supérieur de la deuxième tombe à partir de la gauche, l’entrepreneur, sans que je lui aie dit aucun nom, a même pu lire le nom HERVAL de VASOUY, 1893, âgée de 96 ans. Il s’agit donc bien exactement de la tombe de la Chanoinesse Caroline HERVAL.
Par ailleurs, la forme légèrement évidée des fosses au fur et à mesure que l’on descend, avait fait dire tout de suite à monsieur FISSOT qu’il s’agissait certainement de cercueils à parement intérieur métallique, plomb ou zinc. D’ailleurs, les inhumations s’échelonnant entre 1840 et 1893, il est infiniment probable qu’il s’agissait en effet de cercueils métalliques. Sur l’un de ces cercueils, on voyait même un revêtement en drap avec passementerie d’argent, paraissant en bon état. Le gardien BENARD, qui est également maçon, n’est pas du tout d’accord que ce ciment soit tellement récent.
Il est infiniment probable que, après la mort de madame Caroline HERVAL, et avant le décès du marquis de PONTOI (1903), ce dernier a fait procéder à la réinhumation que je comptais pratiquer ; il l’a fait avec tout le soin et la solidité dont il a fait preuve dans ses autres travaux. Devant ces résultats, j’ai naturellement immédiatement renoncé à l’exécution de l’exhumation et de la réinhumation, et conclu qu’il était décent et nécessaire de laisser les choses en état.
J’ai demandé simplement à monsieur FISSOT de me faire un devis pour un caveau entièrement nouveau que l’on placerait au pied de l’autel. Les petits orifices pratiqués ont été immédiatement rebouchés au ciment. »
Pierre PENIN de la RAUDIERE ajoute « Au cours de l’occupation allemande de 1943-1944, les sépultures de la chapelle furent violées. »
LES INHUMATIONS DANS L’EGLISE
Suzanne JOLY, femme de Michel DEPLANCHE est inhumée le 10 avril 1694 contre la muraille au-dessus du confessionnal de la chapelle Saint Thibault.
Michel DELAPLANCHE est inhumé le 20 avril 1694 contre la muraille au-dessus du confessionnal de la chapelle Saint Thibault.
Jean BOUGOU fils de Jacques et de Marie VILLON est inhumé le 10 mai 1694 au-dessus du confessionnal du côté de l’autel de la Vierge.
Jean HERBLIN est inhumé le 13 mars 1706 au-dessous de la chapelle de la Vierge.
Charles LECERF écuyer sieur des Champs est inhumé le 14 mars 1717 à l’entrée du chœur sous la tombe de sa famille, à l’âge de 75 ans.
Anne LE LOUP, veuve en premières noces de Jacques COUDREY et en secondes de Charles LECERF écuyer, est inhumée le 14 octobre 1719 proche le trésor.
Robert BENARD est inhumé le 11 juin 1721 proche la muraille du côté droit en entrant en présence de Jacques, son fils.
Vincent COPIEUX est inhumé le 18 janvier 1726 du côté de la chapelle de Saint Thibault.
Robert AUBER est inhumé le 10 mars 1747 dans l’église, à l’âge de 75 ans.
Les vitraux de l’église de Vasouy reprennent les armoiries des seigneurs. Charles FORGET est appelé en 1846 pour réaliser deux vitraux représentant Sainte Marie et Sainte Elisabeth qui ne furent jamais posés mais auraient été réalisé au château de Villebon (Article de l’Avenir de Honfleur 1906).
A l’extrémité orientale de la nef s’élève le clocher dont la charpente est terminée par une pyramide octogonale. Ce clocher renferme avant la Révolution deux cloches. Seule la plus petite est conservée. Les cloches furent bénites en 1735. La grosse a été nommée Saint Germain par Nicolas GAMARE, conseiller du Roi, maire perpétuel de la ville de Honfleur, seigneur et patron de Vasouy et la petite Saint Jacques par Jacques GIFFARD prêtre et habitué de Sainte Catherine.
Le chœur, terminé à l’orient par un chevet à trois pans, a été reconstruit dans le style ogival tertiaire avant 1860 par monsieur DANJOY architecte et restaurateur de Saint Pierre de Lisieux. « La tendresse maternelle de la baronne DENOIS» indique Pierre PENIN de la RAUDIERE « lui avait fait inscrire sur un litre entourant la chapelle, un écusson emblématique, une ancre brisée, rappelant le souvenir de son fils Charles, né en 1833, accidentellement noyé dans le lac d’Ochrida à Scutari d’Albanie en 1856. »
L’église accueille en 1792 la première réunion du Conseil Municipal nouvellement constitué. Elle est ensuite fermée, la cure est supprimée et réunie pour le culte à Pennedepie. Elle reste propriété de la fabrique de Pennedepie jusqu’en 1840, date à laquelle elle est autorisée à vendre l’église à Etienne Ferdinand Baron DENOIS moyennant la somme de 800 francs (lettre du 23 août 1840). Cette vente est régularisée par l’achat notarié du 2 juin 1841.
L’église est restaurée vers 1850 par le baron HERVAL et en 1877 la toiture est réparée.
Le 5 novembre 1881, l’évêque de Bayeux, en application de l’indult apostolique du 23 juin 1879 donne l’autorisation de dire la messe dans la chapelle domestique de Vasouy, autorisation renouvelée les 5 novembre 1884, 15 juillet 1888, 11 juillet 1902 et 28 juillet 1906, conformément aux articles 177 et suivants des statuts synodaux, chapitre 3.
Ces deux plans correspondent à un projet de transformation de la façade de l’église et de la disposition du clocher.
Elle fait à présent partie du domaine du chalet de Vasouy et du Clos D’HELENE ou DELAINE et appartient à la famille de CHATEAUVIEUX.
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